
Comment l’Algérie a-t-elle réglé le cas de Moïse Tsombé pour venger Lumumba ? Une page d’histoire que la jeune génération algérienne et congolaise doit connaître
La célébration de la victoire de l’Algérie lors du match de quart de finale par le joueur algérien qui a marqué le but a suscité des polémiques. Mais connaissez-vous l’histoire qui lie Patrice Lumumba à l’Algérie ?
Après l’assassinat de Patrice Lumumba en 1961, l’Afrique est profondément choquée. Lumumba devient un symbole de la lutte pour l’indépendance et la dignité africaine. Moïse Tsombé, leader de la sécession du Katanga, est alors considéré par de nombreux Africains comme l’un des principaux responsables politiques de ce drame.
En 1967, Moïse Tsombé est en exil en Europe après avoir perdu le pouvoir au Congo. Cette année-là, il est enlevé à Rome lors d’un détournement d’avion et conduit à Alger. L’Algérie, dirigée par Houari Boumédiène, est à cette époque un pays engagé aux côtés des mouvements panafricains et anticolonialistes.
Les autorités algériennes refusent de livrer Tsombé au régime de Mobutu. Il est placé en résidence surveillée et privé de toute activité politique. Sans procès officiel, il est maintenu dans un isolement strict, loin du Congo et du pouvoir. Pour Alger, il ne s’agit pas d’une exécution, mais d’une mise à l’écart définitive.
Moïse Tsombé meurt à Alger en 1969, officiellement de maladie. Sa fin, solitaire et loin de la scène politique, est vue par beaucoup comme une sanction morale. Pour une partie de l’Afrique, l’Algérie a ainsi réglé le cas Tsombé en rendant une justice politique symbolique au nom de Patrice Lumumba.

