
L’histoire d’amour interdite qui a bouleversé le couple présidentiel gabonais
À la fin des années 1970, une histoire d’amour secrète a profondément marqué la vie du couple présidentiel gabonais. Entre passion, tensions politiques et drame, cette affaire est restée l’une des plus commentées de l’histoire du Gabon.
Tout commence en 1977. Marie-Joséphine Kama, épouse du président Omar Bongo depuis 1959 et Première dame du Gabon, traverse une période difficile dans son mariage. Elle souffre des nombreuses infidélités de son mari. C’est dans ce contexte qu’elle rencontre Robert Luong, un peintre en bâtiment français d’origine vietnamienne venu effectuer des travaux de décoration au palais présidentiel de Libreville.
Peu à peu, les deux se rapprochent et vivent une relation amoureuse dans le plus grand secret pendant plusieurs mois. Le 25 décembre 1978, Robert Luong prend un risque en tentant de faire reconnaître sa relation. Il rencontre discrètement le président français Valéry Giscard d’Estaing à l’aéroport de Libreville.
Mais cette histoire ne reste pas longtemps cachée. Informé par ses services de renseignement, Omar Bongo décide d’agir. Dans la nuit du 16 janvier 1979, Robert Luong est arrêté à Libreville. Il est ensuite conduit de force à l’aéroport et expulsé vers la France. Il lui est interdit de reprendre contact avec la Première dame.
Malgré cette séparation forcée, les deux amoureux continuent à se voir. Lors des séjours du couple présidentiel à Paris, Marie-Joséphine Kama quitte discrètement sa résidence officielle pour retrouver Robert Luong dans des hôtels. Ces rencontres sont suivies de près par les services de renseignement français et par des agents de sécurité travaillant pour le Gabon. Selon plusieurs récits, Omar Bongo aurait même surpris les deux amants dans une chambre d’hôtel à Paris.
Le 27 octobre 1979, l’affaire prend une tournure dramatique. Devant son domicile de Villeneuve-sur-Lot, Robert Luong est abattu par des hommes armés. L’enquête française s’intéresse à plusieurs pistes, mais l’affaire se termine par un non-lieu et les circonstances exactes du meurtre n’ont jamais été pleinement éclaircies.
Après ce drame, le couple présidentiel ne se remettra jamais de cette crise. Bien qu’ils restent officiellement ensemble pendant plusieurs années, la séparation devient inévitable. En 1986, ils se séparent, avant que leur divorce ne soit officiellement prononcé en 1987.
Marie-Joséphine Kama quitte alors le Gabon et s’installe d’abord en Europe puis aux États-Unis. Elle choisit de poursuivre sa carrière artistique sous le nom de Patience Dabany.
À cette époque, Ali Bongo, âgé d’une vingtaine d’années, tente de préserver ses liens avec sa mère malgré les tensions familiales. Durant son exil, il lui apporte discrètement un soutien financier. Quelques années plus tard, grâce à son intervention, Patience Dabany est autorisée à revenir au Gabon, où elle reçoit un accueil chaleureux de la population.
Dans sa carrière musicale, Patience Dabany évoque aussi cette période difficile. Dans la chanson « Chéri, ton disque est rayé », elle critique les promesses d’un homme infidèle. Après le remariage d’Omar Bongo avec Édith Lucie Sassou Nguesso en août 1990, elle sort également le titre « Associé », considéré par beaucoup comme une nouvelle réponse artistique à son ancien époux.
Aujourd’hui encore, cette histoire continue de susciter l’intérêt, car elle mêle amour, pouvoir, drame familial et musique, dans un contexte politique qui a marqué l’histoire contemporaine du Gabon.
Récit extrait d’une source.



